Le mix énergétique, au cœur de la transition

 

Nucléaire, pétrole, gaz, solaire, éolien, hydraulique… Pour faire tourner le pays, la France s’appuie sur un large éventail de sources d’énergie, fossiles comme renouvelables. Cet assemblage, appelé mix énergétique, est au cœur des enjeux de souveraineté, de compétitivité et de décarbonation du pays. Comment le mix français se transforme-t-il ? Et quel rôle l’hydroélectricité, première source renouvelable du pays, peut-elle jouer dans cette transition ? Décryptage.

Qu’est-ce que le mix énergétique ?

Définition du mix énergétique

Le mix énergétique, ou bouquet énergétique, désigne l’ensemble des sources d’énergie primaire mobilisées pour répondre aux besoins de consommation d’un pays. Nucléaire, gaz naturel, pétrole, hydraulique, solaire : il associe énergies fossiles et énergies renouvelables (EnR), dans des proportions qui dépendent des ressources disponibles sur le territoire, des besoins des consommateurs et des orientations de la politique énergétique.

Suivre la composition du mix énergétique en temps réel offre une vision précise de la situation énergétique d’un pays. C’est un outil qui permet de :

  • Quantifier sa dépendance aux importations et aux énergies fossiles.
  • Orienter sa politique énergétique en identifiant les leviers de progression.
  • Piloter la transition en évaluant la répartition entre énergies fossiles et décarbonées.

Les différentes sources d’énergie

Les sources renouvelables

L’énergie hydraulique

Commençons par ce que nous connaissons le mieux. L’hydroélectricité produit de l’électricité en exploitant la force cinétique de l’eau, au moyen de barrages ou d’installations au fil de l’eau. Deuxième source de production électrique derrière le nucléaire et première source d’électricité renouvelable en France, cette filière est essentielle au système électrique à plusieurs titres, notamment en termes d’équilibre et de sécurisation du réseau. Renouvelable et pilotable, elle constitue un atout précieux pour ajuster la production en fonction de la demande.

L’énergie éolienne

L’éolien, terrestre comme en mer, convertit l’énergie du vent en électricité. Avec des capacités installées de plus en plus importantes, il contribue à accroître la part d’électricité décarbonée dans le mix énergétique français.

L’énergie solaire

L’énergie photovoltaïque transforme le rayonnement du soleil en électricité. Portée par la baisse continue des coûts et par des politiques de soutien actives, elle connaît une croissance rapide. Déployable sur toiture, ombrière ou au sol, elle reste néanmoins tributaire de l’ensoleillement.

La biomasse

La biomasse regroupe le bois-énergie, les déchets organiques et les biocarburants. Principalement utilisée pour produire de la chaleur, elle peut également contribuer à la production d’électricité et de gaz renouvelable (biogaz, biométhane).

Les énergies fossiles

Le gaz naturel

Le gaz naturel est une énergie fossile utilisée pour le chauffage, les procédés industriels ou la production d’électricité via des centrales thermiques. S’il émet moins de CO₂ que le charbon à énergie produite équivalente, il n’en demeure pas moins un contributeur significatif aux émissions de gaz à effet de serre à la combustion.

L’énergie nucléaire

L’énergie nucléaire fournit une électricité décarbonée en phase d’exploitation. Pilotable et disponible en continu, elle soulève néanmoins des enjeux industriels majeurs : maintenance du parc vieillissant, prolongation des réacteurs, construction de nouveaux EPR et gestion des déchets radioactifs. Sa place dans le mix varie considérablement d’un pays européen à l’autre.

Le charbon

Le charbon figure parmi les énergies fossiles les plus émettrices de CO₂. En France, son rôle dans la production d’électricité est devenu marginal (moins de 1 % du mix électrique) et l’État fixe l’objectif d’une sortie complète d’ici à 2027.

Le pétrole

Le pétrole alimente principalement les transports et certains procédés industriels. Il constitue un poste majeur d’importations et pèse lourdement sur la facture énergétique du pays, avec une exposition marquée aux chocs géopolitiques.

Mix énergétique vs mix électrique : quelle différence ?

Ces deux notions sont souvent confondues. Elles recouvrent pourtant des réalités bien distinctes.

  • Le mix énergétique (ou bouquet énergétique) englobe l’ensemble des sources d’énergie consommées dans le pays : industrie, transports (carburants), chauffage des bâtiments, production d’électricité…
  • Le mix électrique correspond quant à lui à la répartition des sources utilisées pour produire uniquement de l’électricité. Il répond à la question : comment est produit le courant qui circule dans le réseau ?

En France, le mix électrique est très décarboné grâce au nucléaire et aux renouvelables, mais le mix énergétique, lui, reste encore très dépendant des fossiles, car les transports et une grande partie du chauffage fonctionnent encore au pétrole et au gaz.

Mix énergétique français : où en est-on ?

La répartition des énergies en 2024

Selon le Service des données et études statistiques (SDES), le bouquet énergétique primaire français se répartissait en 2024 comme suit :

  • Nucléaire : 41%
  • Pétrole : 28%
  • Énergies renouvelables : 17%
  • Gaz naturel : 12%
  • Charbon : 2%

La consommation d’énergie primaire s’est établie à 2 575 TWh sur l’année. Les énergies fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon) représentent environ 42 % de ce total, soit près de 1 080 TWh. Le nucléaire constitue la première source d’énergie primaire avec 41 % (environ 1 060 TWh), tandis que les énergies renouvelables et déchets atteignent 17 %, soit environ 440 TWh.

Le bois-énergie et l’hydraulique restent les filières renouvelables les plus développées, mais l’éolien, le solaire photovoltaïque et les pompes à chaleur sont parmi celles qui progressent le plus ces dernières années.

 

Des objectifs affichés en faveur de la transition

Face à la présence encore massive des énergies fossiles dans le mix énergétique français, des stratégies de décarbonation ont été déployées à l’échelle nationale. Toutes convergent vers un objectif commun : atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, conformément à l’Accord de Paris (2015) et à la Stratégie nationale bas carbone (SNBC).

L’ambition est claire : engager une transition énergétique et écologique dans tous les secteurs et développer une véritable culture de la sobriété énergétique. Dans cette perspective, la Loi Énergie-Climat de 2019 fixe plusieurs jalons :

  • Une baisse de 40 % de la consommation d’énergie fossile d’ici à 2030.
  • Le développement massif des énergies renouvelables, en parallèle de la fermeture des dernières centrales à charbon.
  • Une part de 50 % de nucléaire dans le mix électrique.
  • Des obligations de rénovation énergétique pour le parc tertiaire et résidentiel, incluant l’installation de panneaux photovoltaïques.

Autre instrument majeur : la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), véritable feuille de route de la politique énergétique et climatique du pays. La dernière, intitulée PPE 3, présente la politique énergétique de la France pour la période 2026-2035.

Quelle place pour l’hydroélectricité ?

Les atouts de l’hydraulique pour le mix énergétique

Dans un mix en pleine mutation, l’hydroélectricité se distingue par une combinaison de qualités :

  • Elle affiche l’une des empreintes les plus basses de toutes les filières énergétiques avec un bilan carbone de l’ordre de 4 à 6 g de CO₂ par kWh sur l’ensemble de son cycle de vie.
  • Ses installations avec des retenues permettent de répondre aux pics de consommation. Elles peuvent fournir de grandes puissances très rapidement mobilisables, contrairement au solaire ou à l’éolien.
  • Avec plus de 2 500 installations réparties sur le territoire, l’hydroélectricité irrigue les économies locales et génère un écosystème industriel significatif : la filière représentait en 2019 3,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel et 12 500 directs.

L’hydroélectricité demeure la première source d’électricité renouvelable en France et la deuxième source de production électrique, juste derrière le nucléaire. Elle représentait 13,9 % de la production électrique totale du pays en 2024.

Une énergie plébiscitée

Février 2026. C’est depuis les barrages hydroélectriques de Saut-Mortier et de Vouglans, dans le Jura, que le gouvernement a choisi de dévoiler les contours de la PPE 3 (Programmation pluriannuelle de l’énergie). Un signal fort, ouvrant la voie à une relance massive des investissements dans les barrages grâce à la loi Battistel-Bolo.

Avec cette loi, l’État affiche clairement sa volonté de relancer les investissements dans cette filière considérée comme souveraine. Le mix énergétique français étant en pleine mutation, l’hydroélectricité réunit des qualités qu’aucune autre filière renouvelable ne peut offrir : décarbonée, pilotable, stockable et compétitive. 

Choisir l’hydroélectricité, c’est s’inscrire dans une dynamique nationale de souveraineté et de décarbonation, tout en bénéficiant d’une énergie fiable, stable et économiquement prévisible. Rejoignez-nous !